11 L’IMMUNITÉ NON SPÉCIFIQUE OU NATURELLE OU INNÉE

Objectifs

  • citer et reconnaître les moyens de défense naturelle de l’organisme et leurs mécanismes de fonctionnement ;
  • définir la notion d’immunité non spécifique.

 INTRODUCTION

L’organisme doit constamment réagir contre l’agression et la pénétration passive ou active des microbes, des substances étrangères ou d’autres êtres parasites. Pour détecter et éliminer un élément reconnu comme étranger, l’organisme met en œuvre son système immunitaire. Celui-ci utilise des mécanismes de défenses qui peuvent être non spécifiques de l’élément étranger, ou bien spécifiques de celui-ci.

1. LES MOYENS DE DÉFENSES NON SPÉCIFIQUES DE L’ORGANISME.

1.1. LA PEAU ET LES MUQUEUSES

Les premières barrières physiques entre le milieu extérieur de notre corps et le milieu intérieur est la peau et les muqueuses c’est-à-dire les membranes qui tapissent les parois des voies respiratoires, digestives, génitales et urinaires. La peau et les muqueuses délimitent le « soi » c’est-à-dire ce qui est propre à l’organisme individuel, du « non-soi » c’est-à-dire de ce qui ne lui appartient pas. Au niveau de la peau, ce rôle est renforcé par le pH acide de la sueur qui inactive les germes et par les sécrétions des glandes sébacées riches en acides gras dont l’action est bactéricide et fongicide. Au niveau des muqueuses, ce même rôle est renforcé par la sécrétion de mucus ou par l’acidité des sécrétions gastriques qui contribuent à l’élimination des microbes. Les lysozymes, enzymes présentes dans les larmes, la salive et les sécrétions nasales, détruisent les bactéries. Des substances présentes dans le sperme et les sécrétions vaginales ont aussi des propriétés antibiotiques.

1.2. LA COAGULATION

Les plaies constituent une porte d’entrée pour de nombreux éléments étrangers dans l’organisme. Grâce à la coagulation du sang, un réseau serré de molécules fibreuses se met rapidement en place et bouche ainsi rapidement l’accès à des éléments indésirables.

1.3. LA PHAGOCYTOSE

C’est le plus important moyen de défense que possède l’organisme pour lutter contre les infections microbiennes.

2. LES PRINCIPALES ÉTAPES DE LA DÉFENSE NON SPÉCIFIQUE DIRIGÉE CONTRE LES MICROBES.

La défense non spécifique de l’organisme se déroule en trois principales étapes : l’inflammation, la réaction ganglionnaire et la septicémie ou la toxémie.

2.1- L’ÉTAPE INFLAMMATOIRE.

Face à la pénétration des corps étrangers dans l’organisme, ce dernier répond par une réaction inflammatoire dont les symptômes sont : la rougeur, la chaleur, la tumeur ou gonflement et la douleur.

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Les substances chimiques libérées par les cellules lésées ou blessées provoquent une augmentation du débit sanguin local. Ce phénomène entraîne la dilatation des capillaires d’où la chaleur et la rougeur. Ensuite, les capillaires dilatés libèrent le plasma qui entre dans les tissus par infiltration, et produit le gonflement de la zone lésée. Enfin les terminaisons nerveuses se trouvent irrités et sont responsables de la douleur.

Par attraction des substances chimiques libérées et grâce à la dilatation des capillaires, de monocytes sortent des capillaires et deviennent des macrophages, cellules phagocytaires, qui se rassemblent au contact des microbes. On appelle diapédèse cette sortie des monocytes des capillaires.

Une lutte intense se livre entre les macrophages et les microbes avec deux issues possibles : soit les macrophages sont plus forts que les microbes, ces derniers sont détruits par phagocytose et l’infection s’arrête ; soit les macrophages sont plus faibles que les microbes, ces derniers ne sont pas détruits et l’infection continue.

Les macrophages ne sont pas les seuls agents de la phagocytose. On note aussi les polynucléaires ou granulocytes. La phagocytose est le processus par lequel une cellule absorbe et digère des particules ou des micro-organismes étrangers. Ses principales étapes sont :

  • l’attraction : les phagocytes sont attirés vers les microbes ;
  • l’adhérence : les phagocytes s’accolent (ou se fixent) au microbes ;
  • l’ingestion : les microbes sont entraînés à l’intérieur du cytoplasme du phagocyte grâce à l’émission des prolongements cytoplasmiques.
  • La digestion : le microbe est digérés par les lysozymes sécrétées par le phagocyte à l’intérieur d’une poche appelée vacuole digestive.

Les déchets de la digestion sont rejetés hors du macrophage à la fin de la digestion.

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Les macrophages, grâce à leur grande taille, phagocytent non seulement les microbes, mais aussi les débris cellulaires, les cellules mortes ou cancéreuses, les particules solides et les poussières.

2.2- L’ÉTAPE GANGLIONNAIRE.

Si l’infection n’est pas stoppée, les microbes se développent et atteignent les ganglions lymphatiques qui gonflent et deviennent douloureux. Les ganglions lymphatiques sont des structures globuleuses réparties dans tout le corps le long du réseau des vaisseaux lymphatiques. La réaction ganglionnaire correspond à la production en grande quantité de nouveaux macrophages, des lymphocytes et de monocytes présents dans ces ganglions. L’action des ganglions lymphatiques peut être conjuguée avec celles des phagocytes du foie et de la rate si l’infection est grave d’où le gonflement de ces organes (hépato splénomégalie). Les ganglions lymphatiques représentent une ligne de défense importante de l’organisme contre les agressions microbiennes mais elle n’est pas infaillible.

2.3- LA SEPTICÉMIE, LA TOXÉMIE.

Si la ligne de défense des ganglions lymphatiques est franchie, les microbes gagnent la circulation sanguine et envahissent l’organisme tout entier : c’est la septicémie. On parle de toxémie dans le cas où l’organisme est envahi par les toxines. La mort peut alors survenir si la personne infectée n’est pas traitée.

3. DÉFINITIONS.

  • L’immunité ou défense non spécifique est l’ensemble des réactions que l’organisme déclenche face aux agressions microbiennes, quelle que soit leur nature (être vivant ou particule).
  • L’immunité est capacité de l’organisme à résister, à limiter le développement et à se débarrasser d’une maladie après avoir été infecté par des microbes.
  • L’immunologie est l’étude des mécanismes biologiques permettant à l’organisme de se défendre contre les agents infectieux et les substances toxiques ou étrangères.
  • Les interférons sont des protéines produites très rapidement et pendant une durée très brève par les cellules animales infectées par un virus, ayant des propriétés antivirales. Ce sont les molécules de la défense non spécifique de l’organisme contre les virus.

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