12 L’IMMUNITÉ ACQUISE OU SPÉCIFIQUE

Objectifs

  • relever l’incompatibilité possible entre certains sangs ;
  • constater qu’il y a agglutination ou non des hématies de certains mélanges de gouttes de sang de personnes distinctes ;
  • dégager la notion de groupes sanguins et les principes de la transfusion sanguine ;
  • déterminer les moyens de reconnaissance du soi et du non-soi ;
  • expliquer la notion d’immunité spécifique.

INTRODUCTION

Les réactions de défense immunitaire visent à éliminer tout élément étranger présent dans l’organisme. En présence de ce dernier, le système immunitaire peut agir de manière permanente et rapide, ou bien mettre en œuvre des mécanismes de défenses plus lents et nécessitant la reconnaissance de l’agresseur.

1. RECONNAISSANCE DU SOI ET DU NON-SOI.

Le soi constitue ce qui est propre à l’organisme, et le non-soi est tout ce qui lui est étranger. Pour distinguer le soi du non-soi, l’organisme utilise des molécules qui se trouvent à la surface des cellules appelées « marqueurs du soi ». L’étude des groupes sanguins, du facteur rhésus et des greffes de tissu permet de connaître une partie de ces marqueurs du soi.

1.1. LES GROUPES SANGUINS.

1.1.1. Détermination des quatre groupes sanguins.

L’organisme humain contient 5 litres de sang. Dans certains cas (intervention chirurgicale, blessure), ce volume peut diminuer et une transfusion sanguine est alors nécessaire. Toutefois on doit s’assurer que les sangs du donneur et du receveur sont compatibles.

Pour cela, on doit procéder à la détermination des groupes sanguins. En effet, chaque individu porte à la surface de ses hématies soit des antigènes A, soit des antigènes B, soit des antigènesA et B, soit aucun antigène. Ces antigènes constituent les premiers marqueurs du soi de l’individu. Un antigène est un élément étranger qui, présent dans l’organisme, provoque une réaction de défense (production des anticorps). De plus, chaque individu possède dans son plasma (ou sérum sanguin) des anticorps qui détruisent les antigènes qui ne sont pas les siens. Un anticorps est une protéine du sang, fabriquée par les lymphocytes B, capable de se lier spécifiquement à un antigène. On lui donne le nom d’immunoglobuline. Pour déterminer le groupe sanguin d’un individu, on utilise des sérums tests contenant donc des anticorps qui reconnaissent les antigènes des hématies étrangères et les font agglutiner (selon le principe de la serrure et de la clé). Les antigènes des hématies sont pour cela appelés agglutinogènes et les anticorps spécifiques chacun d’un agglutinogène donné sont appelés agglutinines.

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L’hémagglutination est la neutralisation des hématies étrangères par les anticorps spécifiques en vue de leur élimination (par phagocytose par exemple). Sur ce principe, le sérum anti-A, par exemple, contient des anticorps anti-A, qui reconnaissent et neutralisent l’antigène A.

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On distingue donc dans la population humaine quatre groupes sanguins dont les caractéristiques sont les suivantes :

Groupe sanguin

Type d’agglutinines

Types d’agglutinogènes

A

Anticorps anti-B

Antigènes A

B

Anticorps anti-A

Antigènes B

AB

Pas d’anticorps dans le plasma.

Antigènes A et antigènes B

O

Anticorps anti-A et anticorps anti-B

Pas d’antigènes sur la membrane des hématies

1.1.2. Principe de la transfusion sanguine.

Le principe de la transfusion sanguine est le suivant : les hématies du donneur ne doivent pas être agglutinées par le plasma du receveur. Les possibilités de transfusion sanguine sont donc les suivantes chez les humains :

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Bien entendu, la meilleure transfusion est celle qui se fait entre personnes de même groupe sanguin.

1.2. LE FACTEUR RHÉSUS.

Le facteur rhésus est un antigène présents à la surface des globules rouges, à coté des marqueurs du groupe sanguin, et qui permet de caractériser le sang humain. Ainsi, un individu rhésus positif possède un sang avec des hématies ayant à leur surface l’antigène rhésus et les individus rhésus négatif n’ont pas d’antigène rhésus à la surface de leurs hématies. La transfusion d’un sang rhésus positif à une personne rhésus négatif est sans risque lors de la première opération, toutefois, le receveur fabriquera des anticorps anti-rhésus, qui pourra déterminer une agglutination lors de la deuxième transfusion. C’est la raison pour laquelle la naissance des enfants pose toujours un problème dans les couples où l’homme est rhésus positif et la femme rhésus négatif. Le facteur rhésus est un autre marqueur du soi, pouvant permettre de distinguer un individu d’un autre.

1.3. LES GREFFES DE TISSUS ET LES TRANSPLANTATIONS D’ORGANES.

En médecine, on appelle greffe le transfert sur un patient receveur d’un tissu ou d’un organe provenant du patient lui-même ou d’un autre individu, le donneur, ou implantation d’un organe artificiel dans l’organisme d’un patient. Les greffes d’organes entiers provenant d’un donneur, qui nécessitent un rétablissement chirurgical de la continuité des vaisseaux sanguins, sont également appelées transplantations d’organes. Chaque fois que c’est possible, on pratique une autogreffe (ou greffe autologue), en prélevant le greffon sur le sujet lui-même. C’est le meilleur moyen de limiter le rejet, la destruction du tissu, par le système immunitaire. Il faut souvent se contenter d’une allogreffe (ou homogreffe, ou greffe homologue), ce qui oblige à rechercher le donneur le plus proche possible, génétiquement, du receveur. On espère pouvoir bientôt maîtriser davantage le phénomène de rejet et réaliser plus couramment des hétérogreffes (ou greffes hétérologues, ou xénogreffes), à partir de tissus animaux. Bien que le système immunitaire soit essentiel à la vie, il représente donc un obstacle pour les greffes de tissu et les transplantations d’organes. En effet, il identifie les cellules du donneur comme étant étrangères et tente de les détruire. En effet chaque cellule nucléée de l’organisme porte à la surface de sa membrane un ensemble d’antigènes hautement diversifié formant le système HLA (Human Leucocyte Antigen), communément appelé CMH (Complexe Majeur d’Histocompatibilité) chez les animaux. Ces antigènes constituent les principaux marqueur du soi : les chances pour que deux personnes aient les mêmes antigènes du CMH sont quasiment nulles (à l’exception des jumeaux vrais). Le premier moyen de limiter le rejet de greffe est de trouver un donneur dont les antigènes des cellules sont très proches génétiquement de celles du receveur, c’est-à-dire essentiellement un donneur apparenté. La seconde méthode pour que le greffon soit toléré par le système immunitaire est la prescription de médicaments immunosuppresseurs, comme la cyclosporine, qui atténuent la réaction du système immunitaire. Les immunosuppresseurs ont toutefois l’inconvénient majeur de diminuer la résistance de l’organisme aux infections. Par conséquent, le patient sous traitement est constamment menacé par des agents pathogènes.

2. NOTION D’IMMUNITÉ ACQUISE OU SPÉCIFIQUE.

La défense immunitaire spécifique de l’organisme est celle qui s’appuie sur l’existence des marqueurs du soi et la reconnaissance du non-soi. Elle est plus lente que la non spécifique et plus efficace car mieux ciblée. L’immunité spécifique est de deux types :

  • l’immunité spécifique à médiation humorale qui est le résultat de la production et de la sécrétion d’anticorps spécifiques des antigènes. Les agents de cette réponse immunitaire sont les globules blancs, plus précisément les lymphocytes B (B = « Bone » c’est-à-dire os). Elle est efficace contre les envenimations, les virus et les bactéries extracellulaires ;
  • l’immunité spécifique à médiation cellulaire qui est réalisée par des cellules dites cytolytiques ou cytotoxiques. Les agents de cette réponse immunitaire sont les lymphocytes T (T = Thymus). Elle est efficace contre les cellules infectées par les virus et les bactéries, les cellules cancéreuses.

Il existe une collaboration étroite entre les deux types d’immunités spécifiques, l’une n’allant pas sans l’autre. Les cellules effectrices de ces réponses immunitaires ont la propriété particulière de posséder une mémoire c’est-à-dire l’aptitude de reconnaître et de combattre plus rapidement et plus efficacement les antigènes déjà rencontrés.

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