7 LA SENSIBILITÉ CONSCIENTE

Objectifs

  • relever l’origine de la sensation tactile ;
  • relever les éléments qui interviennent dans le trajet de l’information tactile et donner leur rôle ;
  • schématiser le trajet de l’influx nerveux lors de la circulation du message tactile ;
  • citer d’autres catégories de sensations tactiles et indiquer les organes responsables correspondants.

 INTRODUCTION

Les diverses stimulations de l’environnement sont perçues par les différents organes des sens :

  • la peau : la sensibilité cutanée est complexe. L’excitation de la peau peut donner naissance à plusieurs sortes de sensations : tactiles (toucher), thermiques (chaud, froid) ou douloureuses ;
  • l’oreille : les sensations auditives sont produites par les vibrations sonores de l’air et recueillies par les récepteurs auditifs de l’oreille ;
  • l’œil : la membrane sensible de l’œil, la rétine, est impressionnée par la lumière ;
  • la muqueuse de la langue : elle est responsable, selon les zones, d’une sensibilité à l’acide, au salé, au sucré ou à l’amer ;
  • la muqueuse olfactive : les fosses nasales (du nez) captent des informations sur l’odeur d’un corps à l’état gazeux ou d’aérosol. Si un corps liquide (un parfum, par exemple) est odorant c’est parce qu’il émet des vapeurs à une température ambiante.

1. ORIGINE DE LA SENSIBILITÉ TACTILE

Le sens qui est sollicité lors de la sensation tactile est le toucher. Son organe est la peau. La sensibilité de la peau ou sensibilité cutanée est ponctuelle ; c’est-à-dire qu’elle se limite en des points précis séparés par des espaces insensibles.

1.1. DESCRIPTION DE LA PEAU

Une coupe transversale de la peau montre qu’elle est essentiellement formée de deux parties :

  • une partie superficielle, l’épiderme : c’est un tissu épithélial formé de deux couches de cellules dont la plus externe constituée de cellules mortes, appelée couche cornée, s’exfolie (ou se desquame) régulièrement. La couche la plus interne, appelée couche basale, est la couche vivante où les cellules se divisent abondamment, renouvelant ainsi les cellules mortes. L’épiderme produit les glandes sudoripares, les glandes sébacées, les ongles et les poils.
  • Une partie plus profonde, le derme qui est un tissu conjonctif riche en capillaires sanguins et en terminaisons nerveuses reliées aux corpuscules sensibles. Sa partie profonde, appelée hypoderme, est un tissu adipeux riche en graisses. Le derme recouvre tous les muscles.

1.2. RÔLE DE LA PEAU.

La peau joue plusieurs rôles :

1.2.1- Rôle protecteur.

La peau protège tous les organes qu’elle recouvre contre les agressions microbiennes, contre les chocs et les frottements.

1.2.2- Rôle excréteur.

La peau élimine les déchets sous forme de sueur par les glandes sudoripares.

1.2.3- Rôle respiratoire.

Ce rôle est peu important chez l’homme mais marqué chez les animaux à respiration cutanée comme les amphibiens ou batraciens (crapauds, grenouille, …).

1.2.4- Rôle d’absorption.

La peau est capable d’absorber les médicaments (huiles, pommades, …).

1.2.5- Rôle sécréteur.

La peau fabrique la vitamine D à partir du cholestérol contenu dans le tissu adipeux lorsqu’elle est exposée aux rayons ultraviolets du soleil.

1.2.6- Rôle de régulateur thermique.

La peau lutte contre le chaud en sécrétant la sueur et contre le froid en produisant la graisse et les poils. La température du corps humain peut être ainsi maintenue constante (37 °C) malgré les variations de la température externe : on dit pour cela que l’homme est un homéotherme ou endotherme ou animal à sang chaud (≠ poïkilotherme ou hétérotherme ou ectotherme qui est un animal à température interne variable).

1.2.7- Rôle sensoriel.

La peau est à l’origine de plusieurs types de sensations grâce à ses multiples terminaisons nerveuses :

  • sensibilité au contact et à la pression qui nous permet d’apprécier la forme et la surface des objets ;
  • sensibilité thermique qui nous informe sur le froid et le chaud ;
  • sensibilité douloureuse.

1.3. LES TERMINAISONS NERVEUSES ET LES CORPUSCULES SENSIBLES DE LA PEAU.

1.3.1- Les corpuscules et terminaisons sensibles au contact et à la pression.

Ce sont :

  • les corpuscules de Meissner, sensibles aux contacts légers et aux piqûres légères ;
  • les corpuscules de Pacini, sensibles aux variations de la pression sur la peau ;
  • les colliers nerveux autour des poils, sensibles au tact.

Ces corpuscules sont inégalement répartis à la surface de la peau selon les régions du corps. Leur nombre par exemple est de 135 par centimètre carré au niveau de la pulpe du doigt, et de 5 à 7 sur la partie supérieure de la cuisse.

1.3.2- Les corpuscules sensibles aux températures.

Ce sont :

  • les corpuscules de Krause sensibles au froid ;
  • les corpuscules de Ruffini, sensibles à la chaleur.

Ils sont aussi inégalement répartis à la surface de la peau. En général, les points de froid sont les plus nombreux.

1.3.3- Les terminaisons sensibles à la douleur.

Ce sont des terminaisons nerveuses libres. Les points de la douleur sont inégalement répartis sur la peau. Il faut noter que tous les autres corpuscules peuvent devenir des récepteurs douloureux si l’intensité de leur stimulus naturel dépasse une certaine valeur.

2. TRAJET DE L’INFLUX NERVEUX LORS DE LA CIRCULATION DU MESSAGE TACTILE.

(Voir chapitre 4 : trajet de l’influx nerveux lors de la motricité volontaire et de la sensibilité consciente).

La peau est un organe récepteur de la sensibilité cutanée et les sensations qu’elle est capable de générer sont de trois types : tactile, thermique et douloureuse. Des récepteurs naît l’influx nerveux sensitif qui sont véhiculés par une chaîne de neurones, dont la grande partie de loge dans la moelle épinière, jusqu’au centre nerveux responsable des mouvements volontaires. La sensation est élaborée dans le centre nerveux c’est-à-dire dans l’aire du toucher de l’écorce grise cérébrale.

3. IMPORTANCE DES ORGANES DE SENS DANS LA VIE DE L’HOMME.

Les organes de sens nous renseignent sur tout ce qui nous entoure : c’est grâce à ces derniers que nous pouvons par exemple lire un livre ou le braille, s’éloigner des dangers, saliver, … Tous les organes de sens sont bâtis sur un même plan : un récepteur, un nerf sensitif et un centre nerveux situé dans l’écorce grise du cerveau. Le schéma suivant permet de localiser les principales aires sensorielles du cerveau.

CONCLUSION

La substance grise du cerveau est donc bel et bien le siège de la sensibilité consciente, de la motricité volontaire, de l’intelligence et de la mémoire. Les sensations correspondant aux renseignements donnés par les différents organes de sens s’élaborent dans les zones bien localisées.

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