13 DÉFICIENCES DU SYSTÈME IMMUNITAIRE ET AIDE AU SYSTÈME IMMUNITAIRE.

Objectifs

  •  expliquer la notion de déficience immunitaire ;
  • expliquer succinctement le mécanisme d’action du VIH ;
  • comparer déficience immunitaire et allergie ;
  • relever la limite des défenses naturelles de l’organisme dans certains cas graves ;
  • relever les types d’interventions de la médecine pour renforcer les défenses naturelles de l’organisme ;
  • expliquer l’antibiothérapie, la sérothérapie, la vaccinothérapie et la séro-vaccinothérapie.

INTRODUCTION.

Pour que l’organisme résiste aux agressions microbiennes, il faut un bon fonctionnement du système immunitaire. Il arrive parfois que le système immunitaire se dérègle c’est-à-dire fonctionne par excès ou par défaut (déficience immunitaire) et les conséquences en sont généralement grave pour l’individu. Il faut alors des interventions médicales pour aider le sujet à combattre l’agression microbienne.

1. LES DÉFICIENCES IMMUNITAIRES OU IMMUNODÉFICIENCES.

1.1- DÉFINITION.

Une déficience immunitaire est l’incapacité du système de défense à faire face aux agressions microbiennes. On distingue deux types de déficiences : les immunodéficiences innées ou héréditaires et les immunodéficiences acquises.

1.1.1. Les immunodéficiences héréditaires.

Ces types d’immunodéficiences sont rares et dus à des anomalies génétiques. Ils peuvent affecter l’immunité spécifique humorale (production d’anticorps par les lymphocytes B) ou cellulaire (action des lymphocytes T) mais aussi l’immunité non spécifique (la phagocytose).

a) Les déficits de l’immunité spécifique.

Ils ont plusieurs origines :

  • absence de développement du thymus (syndrome de Di Georges) et donc absence de lymphocytes T ;
  • absence de production de lymphocytes B par la moelle rouge des os (maladie de Burton) ;
  • déficit en anticorps.

Certains déficits immunitaires sont particulièrement graves : ils touchent à la fois les lymphocytes B et T. Ce sont les déficiences immunitaires combinées (DIC). Les enfants atteints doivent vivre à l’abri de toute infection dans une bulle en verre (bébés bulle). La seule possibilité de guérison est une greffe de cellules de moelle osseuse, de thymus ou de foie compatible, pour remplacer les cellules absentes (moelle osseuse d’un frère ou d’une sœur, tissu fœtal).

b) Les déficits de l’immunité non spécifique.

Ils sont le reflet d’une trop faible quantité de phagocytes ou d’une activité phagocytaire amoindrie.

1.1.2. Les immunodéficiences acquises.

Elles sont nombreuses et observées dans des circonstances très diverses. Certaines leucémies (cancers des cellules sanguines) comme la maladie de Hodgkin entraînent un déficit de lymphocytes. Certains traitements accompagnant des greffes d’organes ou les chimiothérapies (administration de fortes doses de médicaments) anticancéreuses diminuent la défense immunitaire. Des infections à virus s’accompagnent souvent d’une immunodéficience passagère (rougeole, varicelle) ou plus longue (mononucléose infectieuse grave, SIDA). Des facteurs nutritionnels peuvent aussi provoquer des déficiences du système immunitaire : absence de vitamine B12, d’acide folique, de zinc, de fer, de vitamine C, carences protidiques. Certains traitements peuvent palier des déficits du système immunitaire :

  • sérothérapie ;
  • vaccination ;
  • interféron et interleukines ;
  • immunostimulants.

Cas du SIDA ou Syndrome d’immunodéficience acquise.

Le SIDA est la conséquence d’une infection due au virus VIH. Le virus du SIDA, le VIH parasitant des lymphocytes T4 (lymphocytes régulateurs de la réponse immunitaire) entraîne leur destruction. Quand ces lymphocytes deviennent trop peu nombreux, les défenses immunitaires deviennent inefficaces. Les maladies, auxquelles l’organisme faisait habituellement face, peuvent alors se développer : ce sont les maladies opportunistes comme les pneumonies dues aux pneumocoques, la tuberculose, les salmonelloses dues aux bactéries, l’herpes (lésions de la peau) et cancer de la peau (sarcome de Kaposi). Le sujet devient inguérissable. On dit que le système immunitaire est déficient, de façon acquise, d’où le nom de SIDA :

  • S = Syndrome : ensemble de symptômes ou signes qui, pris ensemble, caractérisent une maladie ;
  • ID = Immunodéficience : affaiblissement de la capacité naturelle d’un organisme à combattre les germes pathogènes ;
  • A = Acquis : elle est acquise parce qu’elle apparaît suite à l’entrée du VIH dans l’organisme.

Le sujet contaminé se défend contre le VIH en produisant des anticorps anti-VIH qu’on décèle dans le sérum grâce à des tests appropriés : il devient alors séropositif.

2. LES ALLERGIES.

Une allergie est une réponse immunitaire qui, face à certaines substances sans effet sur la plupart des individus, induit un état pathologique au lieu d’une protection. Chez les individus allergiques, la pénétration de certains antigènes, appelés dans ce cas allergènes, provoque une réponse immunitaire démesurée. L’état pathologique qui en résulte est dit d’hypersensibilité. Tous les antigènes ne sont pas des allergènes. Il existe des allergènes atmosphériques (par exemple les pollens), des allergènes domestiques (poils d’animaux, déjections d’acariens, produits ménagers, poussière…), des allergènes professionnels (ciments, farines, sciure de bois,…).

2.1- LES DIFFÉRENTES RÉPONSES ALLERGIQUES.

Les allergies peuvent revêtir différentes formes selon le point de pénétration de l’allergène.

2.1.1- Manifestations respiratoires et oculaires

Elles se développent en réponse aux allergènes atmosphériques. On observe des rhinites (larmoiements, écoulements du nez, éternuements répétés) et des conjonctivites. Si l’allergène pénètre dans les bronches, c’est la crise d’asthme. Ce type d’allergie apparaît immédiatement après le contact avec l’allergène.

2.1.2- Manifestations cutanées

Pour les allergènes domestiques, la pénétration peut avoir lieu par la peau. On observe alors des lésions d’eczéma ou d’urticaire accompagnées de démangeaisons. L’allergie n’apparaît que les jours qui suivent le contact.

2.1.3- Choc anaphylactique

Lorsque l’allergène pénètre directement dans la circulation sanguine (piqûre d’une guêpe par exemple), la réaction allergique est très violente et peut provoquer un choc anaphylactique immédiat et parfois mortel.

2.2- MÉCANISMES DES ALLERGIES

Les mécanismes de base de l’allergie ne sont pas différents de ceux d’une réponse immunitaire normale. On peut distinguer deux types principaux d’allergies : l’allergie immédiate et l’allergie retardée. Enfin, parfois, ces deux types d’allergie peuvent s’associer.

2.2.1- Allergie immédiate

Dans l’allergie immédiate, le premier contact avec l’allergène entraîne la production d’anticorps spécifiques mais ces anticorps n’entraînent pas de pathologie particulière. Elles se fixent sur des cellules particulières, remplies de granulations riches en histamine qui est une substance capable de provoquer une inflammation. Lors d’un deuxième contact avec l’allergène, les anticorps provoquent la dégranulation immédiate de ces cellules qui libèrent leur histamine d’où l’inflammation. Ce mécanisme est impliqué, par exemple, dans le rhume des foins.

2.2.2- Allergie retardée

Dans l’allergie retardée, l’allergène est le plus souvent une petite molécule (par exemple un métal comme le nickel). Il est pris en charge dans la peau par une variété de cellules appelées cellules de Langerhans, qui vont le transporter jusqu’aux ganglions lymphatiques. Là, l’antigène est présenté aux lymphocytes T responsables de la réponse immunitaire. Ces lymphocytes sensibilisés vont migrer dans la peau où, au contact des cellules de Langerhans et de l’allergène, ils provoquent une réponse inflammatoire (eczéma de contact).

2.3- TRAITEMENTS

Il est particulièrement important d’identifier l’allergène impliqué. Le meilleur traitement consiste en effet à éviter tout contact avec ce dernier. Une des méthodes d’identification consiste en des tests cutanés avec différents allergènes potentiellement responsables, ciblés au préalable par une enquête approfondie auprès du patient. Si l’allergène ne peut être évité, il est possible d’envisager une désensibilisation, dont le but est de modifier la réponse immunitaire de façon, par exemple, qu’elle produise une autre classe d’anticorps que les immunoglobulines E, responsables des allergies. Les autres traitements sont symptomatiques. L’utilisation d’antihistaminiques vise à supprimer ou diminuer la réponse inflammatoire qui provoque les diverses manifestations allergiques.

3. LES AIDES AU SYSTÈME IMMUNITAIRE.

Les moyens préventifs et curatifs permettent d’aider le système immunitaire à de défendre contre les agressions microbiennes ou virales très violentes et pathogènes.

3.1- LES MOYENS PREVENTIFS.

3.1.1- Les règles d’hygiène.

Une hygiène corporelle régulière et une hygiène alimentaire équilibrée permettent d’éviter les maladies du péril fécal (diarrhées, choléra, typhoïde, schistosomiase, …) et les maladies liées à la malnutrition (rachitisme, marasme, kwashiorkor, obésité, …). Une vie équilibrée par l’élaboration d’un bon emploi du temps et par une bonne hygiène du système nerveux permettent d’éviter le surmenage et les maladies subséquentes.

3.1.2- La vaccinothérapie.

Le premier vaccin humain a été découvert par Louis Pasteur. Il utilise le terme vaccination pour désigner toutes les immunisations artificielles contre les microbes pathogènes.

a- Définitions.

La vaccinothérapie est l’utilisation du vaccin contre une maladie infectieuse à titre préventif. Un vaccin est une préparation de microbes ou de leurs composés antigéniques qui peut provoquer une immunité, dite active, contre une maladie donnée. Les vaccins peuvent être obtenus de plusieurs manières :

  • à partir des microbes tués (vaccin contre la rage, la poliomyélite, la typhoïde, le choléra, …) ;
  • à partir de microbes atténués (vaccin contre la tuberculose, fièvre jaune, rougeole, charbon, …) ;
  • à partir des toxines microbiennes atténuées (vaccin contre la diphtérie, le tétanos) ;
  • à partir des substances antigéniques purifiés ou à partir d’analogues antigéniques (vaccin contre la méningite, la pneumonie).
  • Caractéristiques et mode d’action du vaccin.

Le vaccin immunise contre la maladie. Il est spécifique et l’immunité est acquise. Le vaccin déclenche la fabrication des anticorps et des lymphocytes T cytotoxiques qui est une réponse immunitaire spécifique. Cette immunité est active, lente à s’établir et à durée plus ou moins longue.

3.1.3- L’antisepsie.

L’antisepsie est l’ensemble de méthodes utilisées dans le but de détruire tout germe microbien. Il s’agit de traiter les matériels et les locaux à l’aide des produits désinfectants (alcool à 90 %, eau de javel, …), ou de porter à très haute température, ou de faire bouillir les vêtements.

3.1.4- L’asepsie.

L’asepsie est une opération préventive qui consiste à détruire les microbes et à prévenir leur arrivée dans un milieu (local ou zone de la peau).

3.2- LES MOYENS CURATIFS.

3.2.1- La sérothérapie.

La sérothérapie est l’injection d’un sérum thérapeutique (provenant d’un sujet immunisé contre un agent pathogène) dans le but d’obtenir rapidement une immunité dite passive.

Le sérum est un liquide que l’on recueille après coagulation du sang d’un individu qui a été préalablement immunisé contre une maladie. Il contient des anticorps prêts à combattre, chez le receveur, les mêmes germes pour lesquels ils ont été fabriqués. Son action consiste à neutraliser les antigènes (toxines microbiennes) par formation des complexes antigène anticorps ou complexes immuns. Ces derniers sont par la suite facilement éliminés par les phagocytes. La sérothérapie est donc une médication d’urgence : le sérum apporte des anticorps fabriqués par un autre organisme qui peuvent être immédiatement opérationnels pour détruire l’intrus pathogène. Ce mode de défense est immédiat et c’est son avantage. Cependant, l’immunité n’est pas durable car les anticorps du sérum proviennent d’un autre organisme et ne sont pas fabriqués par le sujet qui les a reçus. Le sérum entraîne donc une immunité passive car l’organisme traité n’est pas impliqué dans la production d’anticorps en vue d’éradiquer l’infection.

3.2.2- La séro-vaccinothérapie et la séro-anatoxithérapie.

La séro-vaccinothérapie est l’association du sérum et du vaccin dans la lutte contre certaines infections microbiennes comme les épidémies de diphtérie. Le sérum agit dans l’immédiat en apportant les anticorps et la protection se poursuit après guérison grâce au vaccin.

3.2.3- L’antibiothérapie.

a) Découverte des antibiotiques.

Alexander Fleming (1929) observe une culture de staphylocoques. Il constate que sa culture a été accidentellement contaminée par une moisissure (Penicillium notatum) et que les staphylocoques sont détruits tout autour de la moisissure, formant une auréole. Fleming prépare un filtrat de moisissure qu’il nomme pénicilline et constate que ce filtrat à un très fort pouvoir bactéricide et une faible toxicité pour l’homme : c’est le premier antibiotique. Aujourd’hui, les antibiotiques sont produits grâce à des cultures de microbes (moisissures et bactéries) réalisées dans les enceintes de taille variable appelées fermentateurs.

b) Définitions.

  • L’antibiothérapie est l’emploi des antibiotiques dans le traitement des maladies.
  • Un antibiotique est une substance naturelle ou synthétique qui a la propriété d’empêcher la prolifération des bactéries (effet bactériostatique) ou de les détruire (effet bactéricide).

c) Emploi des antibiotiques.

Les antibiotiques sont efficaces pour le traitement des maladies bactériennes et les mycoses. Cependant l’emploi abusif et désordonné des antibiotiques rend les microbes résistants, ce qui pose un véritable problème de santé publique. En présence d’une attaque microbienne, le médecin a à sa disposition plusieurs antibiotiques et le choix de l’un d’entre eux nécessite la réalisation d’un antibiogramme qui est un test médical permettant de déterminer l’antibiotique le plus efficace contre la souche microbienne déterminée. Sur une culture d’une souche microbienne, plusieurs pastilles imprégnées chacune d’un antibiotique différent sont déposées. Après une période d’incubation, les auréoles se forment plus ou moins autour de chaque pastille. L’antibiotique ayant la plus grande auréole est le plus efficace contre le germe dont souffre le malade.

image

Indiquer l’antibiotique le plus efficace et l’antibiotique le moins efficace.

  • COMPARAISON ENTRE LE VACCIN ET LE SERUM.

Point de comparaison

Vaccin

Sérum

Contenu

Antigène atténué ou tué

Anticorps fabriqués par un autre organisme immunisé

Rôle

Stimule la sécrétion d’anticorps : immunisation active ; donne à un sujet sain une immunité acquise.

Apporte des anticorps : immunisation passive.

Utilisation

A titre préventif

A titre curatif

Efficacité

Grande, pouvoir immunogène élevé surtout après des injections de rappel.

Temporaire car ne permet pas de préparer une immunité acquise.

Action et durée

Spécifique, lente mais longue (6 à 10 ans)

Spécifique, immédiate mais courte (2 à 3 semaines)

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